Réflexion sur la question Juive.

Cet exposé concerne l’idéologie sioniste, ses manifestations sur le terrain, mais aussi et surtout ses sources judaïques. Ces sources sont généralement ignorées par les auteurs et commentateurs Judéens-Chrétiens pro-sionistes. Sans leur connaissance tout discours est profondément déficient et manque d’objectivité. 

 

 

 

 
Je regrette que l’antisémitisme devienne une arme pour empêcher toutes critiques constructives du sionisme. Etre non sioniste ne signifie pas la négation du droit de vivre des juifs, c’est pourquoi je trouve malhonnête d’associer « non sioniste à antisémite ». 
 
De même que je trouve exagérée et non fondée l’accusation qu’une oligarchie juive dominerait le monde.  Le grand capital nord-américain n’est pas juif mais anglo-saxon et protestant, et parfois hostile aux juifs ! 
 
Il est vrai qu’une lecture du livre «Les protocoles des sages de Sion » est troublant. Un tel ouvrage alimente la méfiance voire la haine du Juif. La diffusion de cet ouvrage a justifié une politique antisémite en Russie à l’époque de Nicolas II. Son authenticité ne sera jamais réellement démontrée ! Mais malgré tout, il est largement diffusé dans les pays arabes! . 
 
Au regard de l’Histoire, des commentateurs catholiques et protestants en viennent à reconnaître et à regretter profondément les conséquences de certains écrits et pratiques du christianisme. Les Juifs ne seraient-ils pas capables de faire de même avec le judaïsme ? 
 
L’histoire du peuple juif est, comme le disait déjà Spinoza, une histoire «théologico-politique ».Le «sacré» et le «profane» y sont intimement liés, au point qu’il est malaisé de faire une «histoire des Juifs» sans faire une «histoire du judaïsme», et réciproquement. Les populations juives en diaspora ont une mauvaise conscience de ne pas avoir fait leur«aliya»malgré les nombreuses et pressantes invitations reçues de la part des sionistes ! 
 
Bien que non enfermé dans une tour d'ivoire, Levinas expliquait ainsi : « Je m'interdis de parler d'Israël, ne courant pas cette noble aventure et ce risque quotidien ! » ; tandis qu'Elie Wiesel a pu écrire : «Je ne critique jamais Israël hors d'Israël, c'est le prix que j'accepte de payer pour ne pas y vivre ». 
 
 
L’argument « terre promise » et « peuple élu », premier pilier de l’idéologie sioniste ! 
 
 
Zev Sterhell écrit : « Jamais la remise en cause de nos mythes fondateurs n’avait été aussi répandue ». Des citoyens juifs sont malheureux de constater la violence, honteux devant les agissements de leur Etat vis-à-vis des Arabes ; certains pensent discrètement que le vent de l’histoire tourne. 
 
 
Deux idées reviennent souvent loin des débats nationalistes radicaux : 
 
 
1- Que L’Etat juif devienne l’Etat des Juifs et de ses autres citoyens. 
 
2- Qu’Israël devienne simplement comme les autres Etats modernes, l’Etat de ses citoyens, c’est-à-dire qu’il soit totalement neutre vis-à-vis des identités ethniques, confessionnelles et culturelles. 
 
 
Le Rabbin Elmer Berger, ancien Président de la ligue pour le judaïsme aux Etats-Unis, a dit : « Il est inadmissible pour quiconque de prétendre que l’implantation actuelle de L’Etat d’Israël est l’accomplissement d’une prophétie biblique et, par conséquent, que toutes les actions accomplies par les Israéliens pour instaurer leur Etat et pour le maintenir sont d’avance ratifiées par Dieu.» 
 
 
Certains mouvements chrétiens sont convaincus de cela. Le problème c’est que la politique actuelle d’Israël a détruit, ou au moins obscurci la signification spirituelle d’Israël ! La remise en question n’est pas une vertu naturelle chez les individus, on enferme sa pensée dans les affirmations d’une majorité ! (la pensée dominante). Soutenir Israël est, pour les chrétiens évangéliques américains, une évidence théologique au regard de leur histoire personnelle. Les pionniers de la réforme protestante d’Europe ont fait la découverte et la conquête du « Nouveau monde », massacrant les Indiens qu’ils comparent aux populations de Canaan dans la bible. 
 
J’invite les Juifs à faire connaissance avec cette théologie eschatologique qui conditionne leur soutien à Israël. Des rabbins s’insurgent contre leur interprétation, surtout celle qui fait du retour des Juifs en Israël une étape fondamentale pour permettre le retour de Jésus et mettre un terme au judaïsme. 
 
 
Je crois à la messianité de Yéchoua et à son retour, et également à la fin définitive des institutions religieuses.  Ce que je dénonce c’est une sorte d’hypocrisie, c'est-à-dire que des rabbins sionistes, qui bénéficient du soutien économique des chrétiens, font les sourds au discours apocalyptique des chrétiens sionistes qui pourtant affirment que l’état d’Israël est plus important pour eux que pour les Juifs ! 
 
Je sais aussi que l’or noir est d’un enjeu capital pour l’économie américaine pour assurer leur hégémonie mondiale ! Kissinger, ancien ministre américain, disait : Les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts. 
 
 
Officiellement on est en guerre dans les pays arabes, pour leur apporter la démocratie, la liberté aux femmes et pour combattre le terrorisme à sa source. Dire qu’on fait la guerre pour l’argent serait une vérité mal acceptée ; c’est alors que la propagande joue son rôle : la guerre a des motifs moraux ! 
 
On diabolise son adversaire, on monopolise l’information, on inverse la victime et l’adversaire et, plus grave encore, on conditionne la population occidentale contre les Arabes d’orient. Des Chrétiens, sans se rendre compte, sont affectés par cette systématisation des communautés magrébines. 
 
Je souhaite établir un équilibre : dire qu’il existe une hypothèse concernant un complot juif pour dominer le monde est la même hypothèse que de dire que les Musulmans veulent dominer le monde. De son vivant, ayant unifié les tribus, Mohamed n’y est pas parvenu. Qui donc a intérêt à faire peur ?......... 
 
 
Yéchoua dira à ses contemporains : « Plusieurs se scandaliseront et se trahiront les uns les autres, et se haïront les uns les autres. » (Matthieu 24 : 10
Le message du Messie dans les évangiles dérange les partisans d’une gouvernance mondiale à sens unique où les intérêts des uns et des autres n’existera plus, où la charité, les valeurs morales seront jugées antisociales. Les églises sont à majorité « laodicéennes », c'est-à-dire gagnées par l’amour de l’argent et ayant une grande et trompeuse opinion d’elles-mêmes ! Leur timidité, lors les grands débats sociaux où la morale et l’enseignement du Messie sont bafoués, est un signe évident de leur aveuglement. Le texte du chapitre 3 au verset 18 du livre de l’Apocalypse invite ces églises à mettre du collyre dans leurs yeux pour bien voir et se remettre en question. 
 
 
Les croyances talmudiques Kabbalistiques gagnent certaines églises : comme la croyance d’une théocratie ici-bas ! Aujourd’hui et depuis toujours, il existe des Juifs qui restent attachés aux enseignements de Moïse, qui font allégeance au Dieu du Sinaï et qui attendent la première venue du Messie. Mais il existe le contraire : des Juifs qui restent attirés par le veau d’or du Sinaï. Je crains qu’il en soit de même chez certains Chrétiens. 
 
 
Dans le livre de Jérémie chapitre 23 verset 14 : « Dans les prophètes de Jérusalem, je vois une chose horrible ; car ils commettent adultère, et ils marchent dans le mensonge. Ils fortifient les mains des méchants, afin qu’aucun ne se détourne de sa méchanceté. » 
Verset 16 : « Ils prononcent la vision de leur coeur, et non ce qui procède de la bouche de l’Eternel. » 
 
 
Les faux prophètes, séducteurs ou Messies. 
 
 
 Les évangiles nous parlent de Simon le mage contemporain de Yéchoua qui multiplie les effets, prodiges, miracles et provocations.  Théoudas de Actes 5 :36 qui va séduire environ quatre cents hommes qui, emportés par leur ferveur mystique, vont mourir de noyade. Ils croyaient que les eaux du fleuve allaient s’écarter selon ses dires. 
 
 Flavius Josèphe, dans « La guerre des Juifs », parle d’un faux prophète égyptien qui réussira à tromper trente mille personnes qu’il va entraîner dans le désert pour y revivre l’épopée de l’Exode et reprendre Jérusalem à l’occupant. Félix, le procurateur romain, y mettra, un terme, et beaucoup y perdront leur vie.  Ce même auteur nous parle aussi de Menahem Ben Juda fils de Juda le Galiléen, fidèle aux options de son père qui s’empara de la forteresse de Massada ; lui va assiéger le palais d’Hérode et massacrer sa garnison. 
 
 
 Autre faux Messie ou supposé l’être, Siméon Bar Kochba (le fils de l’étoile) en 132 de notre ère. Il va séduire rabbi Akiba, une grande autorité spirituelle d’Israël, qui le reconnaîtra comme le Messie libérateur. Son charisme va tromper beaucoup de monde ; la signification de son nom « fils de l’étoile » trompera rabbi Akiba qui y voit une référence à un passage des Nombres « Une étoile sort de Jacob » ; sa défaite sera terrible et lourde de conséquences ! Rabbi Akiba mourra sous la torture des Romains à Césarée en récitant le « Shema Israël ». 
 
 
En relation avec le sujet initial de cet exposé, sachez que la grande assemblée qui, après cela, va se substituer au grand Sanhédrin de Jérusalem en tirera une leçon que les partisans du sionisme devraient méditer : 
 
Ils vont considérer que désormais la rédemption ne pouvait résulter de la seule force des armes, mais qu’il fallait aussi que les temps soient mûrs. (Source : « Ancienne histoire des Juifs » Paris, Lidis, 1977. Trad. Arnauld d’Andilly). 
 
 
 Les Juifs vont connaître au XVII siècle une autre grande déception avec Sabbataï Tsevi qui proposait de délivrer l’âme captive d’Israël et de la conduire au temps de la rédemption. Il faut, pour mieux comprendre, s’informer du contexte de l’époque : Guerres des religions en Europe, guerre de trente Ans, massacres perpétrés par l’hetman Chmielnicky (1648-1649), tous ces désordres et calamités vont toucher les populations juives choquées et désorientées ! 
 
La communauté juive est très sollicitée par un courant mystique, suite à la diffusion des doctrines de la Kabbale Lourianique). Celle-ci place la rédemption au centre de son enseignement, encourage un messianisme militant. Cette époque du XVII siècle est chaotique et troublante. 
 
Sabbataï suscitera des réactions mitigées : rejet total ou dévotion ! La population est avide de merveilleux, comme aujourd’hui dans certains milieux chrétiens où chacun est dépossédé de son libre arbitre et pense naïvement être en marche vers des temps nouveaux. 
 
 
L’année 5408, soit 1648 de l’ère chrétienne, est pour le Zohar(6) celle de la délivrance d’Israël. Sabbataï ne restera pas insensible aux récits dont il prend connaissance de la bouche de son père Mordekaï informé chez ses employeurs à Londres de : 
- l’imminence du « règne de mille ans » prophétisé dans l’Apocalypse de Jean. 
- l’effervescence qui règne au sein du monde chrétien à cette époque troublée. 
 
Sabbataï, menacé de mort, va faire allégeance à l’islam au grand désespoir de ses partisans. Les autorités turques vont l’exiler à Dulcigno, une province d’Albanie. Il reviendra, dit-on, au Judaïsme et mourra dans l’oubli. (Source : « Le messie mystique »1626-1676, de Gershom Scholem, éditions Verdier. 
 
Les Juifs, vous le comprendrez, sont très prudents avec des personnes qui se proclament envoyées de Dieu et qui excellent dans la voie mystique. Les prophètes ne se recommandent pas eux-mêmes et ils ne recherchent pas l’adhésion pour crédibiliser leur mission. 
 
Rarement dans la bible nous voyons un prophète avec une position d’autorité institutionnalisée ! Amos dira à Amatsia : « Je n’étais ni prophète, ni fils de prophète ; j’étais un berger, et je recueillais des figues sauvages. Or l’Eternel m’a pris derrière le troupeau, et l’Eternel m’a dit : Va, prophétise à mon peuple d’Israël. » (Amos 7 : 14-15). 
 
En résumé : Etre reconnu ou pas, ce n’est pas mon problème mais le vôtre et celui de L’Eternel. Moi j’obéis !... 
 
 
Une remise en question ? 
 
 
On reproche au Catholicisme de ne pas avoir reconnu toutes ses erreurs, mais que vont faire les évangéliques s’ils se sont trop vite enthousiasmés en 1948 ? Les déclarations des uns et des autres parlaient de « miracle » ? 
 
Des Juifs orthodoxes (Haredim) n’attribuent aucune valeur métaphysique au Sionisme et à l’Etat d’Israël ! Des Juifs non sionistes sont réduits au silence par les médias. Ils choisissent de se taire par peur de s’attirer les foudres de leur communauté. Ils ne sont pas quantité négligeable, même en Israël, et leur nombre croît notablement avec le temps. Y. Leibowitz (dans ses entretiens avec J.Algazy) affirme ainsi qu’il y a cent mille Juifs israéliens qui ne reconnaissent pas l’Etat d’Israël. 
 
Lors de la conférence des Rabbins américains à Montréal en 1897 ont dit : « Nous désapprouvons totalement toute initiative visant à la création d’un Etat juif. Des tentatives de ce genre mettent en évidence une conception erronée de la mission d’Israël que les prophètes juifs furent les premiers à proclamer. Nous affirmons que l’objectif du judaïsme n’est ni politique, ni national, mais spirituel. 
 
 
Que dit la Bible ? 
 
 
Ce livre est le livre le plus mal lu, il est l’objet d’instrumentalisation pour justifier voire validé des idéologies humaines, qui se veulent être reconnue comme divine ! Les trois grandes religions monothéistes qui s'appuient sur elle (même le Coran) aux interprétations des plus variées voire opposées, ont inspiré, au cours de l'Histoire, le meilleur et le pire : La paix et la guerre, la justice et l'injustice, la tolérance et l'intolérance, l'exaltation du fort et celle du faible... 
 
De même que les promoteurs catholiques de l'Inquisition, des croisades, des guerres contre les Protestants, des pogroms contre les Juifs ont été scandaleusement justifiés par l’Évangile, de même aujourd’hui les promoteurs du Sionisme ont trouvé dans la Torah et autres textes du judaïsme, notamment dans ceux qui représentent la tradition mystique, des idées portant au particularisme, au communautarisme, au nationalisme et à la xénophobie. Ils les ont adoptées délibérément en négligeant toutes celles d'inspiration universaliste qui ont, pour le meilleur, modelé la pensée occidentale. 
 
 
Nombre d’écrits dans la Torah comportent une dimension universaliste hautement respectueuse de l’étranger : « N’humilie pas l’étranger, ni l’opprimé, car vous avez été étrangers en Egypte ! N’humilie jamais la veuve ni l’orphelin » (Exode 22 : 20). « N’aie aucune pensée de haine pour tes frères. Tu aimeras ton prochain, il est comme toi. Tu aimeras l’étranger qui s’installe chez toi comme toi-même » (Lévitique 19 : 17-18 et 34). « Ma maison sera une maison de prière pour tous les peuples » (Isaïe 16 : 7). 
 
Alors que le monothéisme intransigeant du judaïsme a puissamment contribué à promouvoir l’égalité entre les hommes tous créés à l’image de Dieu et à susciter la générosité qui a pu guider les pionniers du socialisme, les sionistes ont occulté délibérément ces données pour ne retenir que celles qui exaltent l’ethnocentrisme et où le non-Juif, qu’il soit étranger ou résidant en Israël, est toujours un gentil, un goy. 
Albert Einstein en 1938 : 
 
 
" La conscience que j'ai de la nature essentielle du judaïsme se heurte à l'idée d'un État juif doté de frontières, d'une armée, et d'un projet de pouvoir temporel, aussi modeste soit-il. Je crains les dommages internes que le judaïsme subira en raison du développement, dans nos rangs, d'un nationalisme étroit... Devenir une nation, dans le sens politique du mot, équivaudrait à se détourner de la spiritualisation de notre communauté que nous devons au génie de nos prophètes ". Le sionisme veut définir le peuple juif comme une entité nationale… C’est une erreur qui conduira à l’abîme ! 
 
 
Emmanuel Levyne écrit de même en 1969 dans son ouvrage « Judaïsme contre Sionisme » « Reconquérir la terre d'Israël par l'argent et les armes, c'est manquer de foi : c'est-à-dire commettre le péché principal qui a été la cause de l'exil. Le Congrès rabbinique de l'État de New York de février 2002 reste dans cette ligne antisioniste résolue. Il déclare : « L'observation des préceptes de la Torah interdit aux Juifs d'avoir un État, fût-il un État religieux [...] C'est avec peine que nous nous rassemblons pour protester contre l'État d'Israël... » 
 
La résolution 3379 de 1975 de l’Assemblée générale de Nation-Unies condamne le sionisme comme « une forme de racisme et de discrimination sociale ». Pour Attias et Benbassa : " La situation en Israël ressemble à celle des pays où de fortes idéologies, comme le socialisme et le communisme, se sont effondrées ". 
 
 
TENSION COMMUNAUTAIRE. 
 
 
En Israël s'opposent deux options, deux cultures fondamentalement opposées : d'un côté, les lois laïques, de l'autre la Halakha, cette loi religieuse qui s'impose à chaque croyant dans sa vie quotidienne. Du fait qu'il n'y a pas de démocratie sans laïcité et que le fondement de l'État d'Israël est religieux, la séparation de l'Église et de l'État est exclue par les religieux comme par la Constitution , l'unité nationale ne peut, bien entendu, être qu'un leurre. Donnée de plus en plus insupportable parmi bien d'autres à beaucoup d'Israéliens : ce sont les Rabbins qui décident de l'octroi de la nationalité, du mariage, du divorce, des enterrements, des conversions, du contenu de l'enseignement..., qui surveillent strictement le shabbat, qui veillent à l'observance de la kashrout (lois religieuses alimentaires) dans l'armée, les institutions d'État ou les avions... Alors que 22 000 couples se marient religieusement chaque année, 20 000 vont ainsi se marier dans un consulat à l'étranger ou vivre en concubinage. 
Tout ce qui concerne le mariage ou le divorce des Juifs en Israël, nationaux ou résidents, est en effet exclusivement de la compétence des tribunaux rabbiniques : " Les mariages et divorces des Juifs s'effectuent, en Israël, en vertu de la loi établie par la Torah " Bien entendu, tout mariage d'un Juif avec une non-juive ou vice-versa est impossible... Ainsi se développent et s'amplifient avec le temps les haines intercommunautaires et les violences entre les religieux et les laïcs, les faucons et les colombes, les ultranationalistes et les internationalistes, les fondamentalistes et les libéraux, les fascistes et les socialistes, les séfarades et les ashkénazes... 
 
 
Tandis que l'Israélien moyen vit en tension permanente, les affrontements hélas ne sont pas que verbaux : en 1989 -1990 les incendies de voitures et d'appartements appartenant à des représentants de la gauche israélienne, les menaces de mort adressées aux députés ou aux dirigeants du mouvement de "La paix maintenant" ont véritablement inauguré une " guerre des cultures ". 
 Celle-ci est telle que le Premier Ministre Yitzhak Rabin en est mort , après que les malédictions religieuses ont été appelées sur lui - tué par un de ses compatriotes, Yigal, considéré par toute une communauté comme " messager de Dieu ". Dieckhoff précise que " cet assassinat fut vraisemblablement légitimé par le décret religieux de certains rabbins extrémistes qui avaient désigné Rabin comme Rodef (persécuteur) ou comme Moser (dénonciateur, c'est-à-dire celui qui livre des Juifs à un pouvoir étranger), ce qui justifiait sa mise à mort ". 
 
 
" Rabin sera chassé par le feu et dans le sang " hurlait d'ailleurs la foule quelque temps avant son assassinat. " Si la Cour suprême continue à se mêler de nos affaires, il y aura une guerre ici ", proclame en 1999 le ministre de l'intérieur Eliahou Suissa. 
 
 Effectivement, compte tenu de la haine développée à un degré inouï par une partie notable de la droite israélienne à l'encontre ceux qui sont prêts à céder quelques pouces de terrain aux Arabes, une guerre civile n’est pas exclue malgré le tabou puissant pesant sur le meurtre d'un Juif. 
 
 
Voici une question : 
 
 
Les Juifs résidant en France ne crieraient-ils pas à l’antisémitisme, si l'on proposait de décréter la France « État chrétien », appartenant aux seuls citoyens officiellement reconnus comme Chrétiens ? La conséquence d'une telle doctrine serait que les Juifs se convertissant au christianisme deviendraient par là-même des citoyens à part entière…En théorie ! Voir l’histoire du Marranisme en Espagne et au Portugal : les Juifs furent expulsés de ces deux pays respectivement en 1492 et 1497, beaucoup d’entre eux, pour éviter l’exil, acceptèrent de se convertir, c’est le cas de mes ancêtres. Le verbe « marrar » signifie manquer. Quant à « marrano », le dictionnaire le définit ainsi : « C’est un converti récent au christianisme dont nous avons la plus détestable opinion car c’est insincèrement qu’il s’est converti ». 
 
 
Autre terme également c’est « cryptojuif », c’est un Juif qui au péril de sa vie et à tout instant, maintient sa foi dans l’unité de Dieu et rejette le trinitarisme, le culte des saints, des images et l’eucharistie qu’il tient pour des signes d’idolâtrie. L’eucharistie est perçue comme une théophagie par le judaïsme. 
 
 
Les conversions et l’assimilation de force ont conduit des Juifs à l’athéisme et, plus grave, au déni d’être Juif ; voir l’ouvrage de Théodore Lessing « la haine de soi », « le refus d’être juifs, qui exprime sa douloureuse expérience au sein de la culture et de la civilisation germaniques. 
Les exigences du rabbinat pour prouver ses origines réveillent ses douleurs. Personnellement je me moque que mon origine réelle soit validée par les hommes. Je me sens citoyen du monde. C’est Hachem, par son Messie Yéchoua, qui a validé mon billet » pour le monde à venir, et non cette croyance élitiste et réductrice d’appartenir à une élite ici-bas ! De plus je ne revendique aucune légitimité , ni reconnaissance et j'accepte les critiques constructives , édifiantes et honnête!
 
Les catholiques considéraient la pauvreté comme une vertu, et ils désignaient le judaïsme comme la religion du veau d’or. Mais, débarqués à Séville, les métaux précieux des Amériques se purifient en touchant le sol espagnol ! , (une hypocrisie de plus) !
 
 
Y a-t-il une instrumentalisation de la shoah ? 
 
 
(Voir le livre de Norman G. Finkelstein) : « L’industrie de l’Holocauste ». 
 
Cette question ainsi posée peut-être l’objet d’une grave accusation : « antisémite » ! ( loi Gayssot ), pour moi, donner la mort volontairement à un être humain est une violation du commandement divin … ! 
 
 
Quelques rappels de notre violente histoire humaine. 
 
 
Selon la définition des dictionnaires français, le génocide est l'extermination systématiquement organisée de communautés civiles choisies selon les critères de nationalité, de race, de religion ou d'idéologie. Le XXe siècle en a fourni un certain nombre d'exemples qui sont généralement rapportés dans la littérature historique et journalistique, et c’est très instructif : 
 
 
- Le massacre des Arméniens (environ un million et demi) par les Turcs en 1915-1916. 
 
- L’anéantissement de la population de Nankin par les occupants japonais en 1937-1938. 
 
- La "Shoah" ou "l'Holocauste" concernant les Juifs européens (quelque cinq à six 
 
millions) victimes des nazis en 1941-1945. 
 
- Le massacre de millions d'Indiens musulmans et hindous au moment de la sécession de l'Inde en 1947-1948. 
 
- Le massacre de la population cambodgienne par les Khmers rouges en 1975-1978. 
 
- Le massacre de la communauté Tutsie par les Hutus au Rwanda en 1994. 
 
On rapporte aussi les massacres à caractère génocidaire tels que : 
 
- l'extermination par la famine de quelque dix millions de paysans ukrainiens par le 
 
régime communiste en 1932-1933. 
 
- le massacre de quelque vingt millions de Chinois lors de la révolution culturelle des années 60... etc. 
 
 
Au même titre que l’avènement de la shoah, tous ces massacres sont condamnables et tous doivent être dotés d’une majuscule, et d’un devoir de mémoire universel ! 
 
 
Faut-il revoir le terme antisémite ? 
 
 
Encore une fois les dictionnaires nous instruisent que les Sémites représentent un ensemble de peuples issus d’un même groupe ethnique, c'est-à-dire : les Juifs et les Arabes. Et pourtant aujourd’hui l’antisémitisme ne concerne que les Juifs ! Alors qu’il est un racisme dirigé contre les sémites !... 
 
Je ne me lance pas dans la métaphysique concernant la notion de race, qui est une utopie sans fondement scientifique jusqu'à preuve du contraire ! Je partage la citation du Rav Saadya Gaon (882-942) : « Nous ne sommes une nation qu’en vertu de la Torah. Toute formulation du judaïsme qui rejetterait la révélation au Mont Sinaï constitue une déformation de la vraie foi qui nous est dictée (au Mont Sinaï), voilà plus de quatre mille ans. » Son adage mille fois ressassé, c’est : il faut parfois « se séparer de la communauté, surtout si elle n’est plus qu’un décor qui dissimule un vide ». 
 
 
Le Rabin Adim Steinsaltz, dans son ouvrage « les Juifs et leur avenir » : « Notre peuple n’est ni une religion, ni une nation, ni un groupe ethnique, ni une race .
 
 
Quand l’assemblée nationale, en 1791, décréta l’émancipation des Juifs, elle s’occupa extrêmement peu de la race. Elle estima que les hommes devaient être jugés non par le sang qui coule dans leurs veines, mais par leur valeur morale et intellectuelle. C’est la gloire de la France de prendre ces questions par le côté humain. L’oeuvre du 19ème siècle est d’abattre tous les ghettos ! (Source : Shlomo Sand, « De la nation et du peuple juif » chez Renan. 
 
De nos jours encore, on commet une erreur lourde de conséquence : on confond la race avec la nation ! Voir les études des chercheurs tels que : Ernest Renan, Theodor Mommsen, Marc Bloch, Raymond Aron, et également tout un patrimoine historiographique sur le sujet. Et pourtant, en 1970 dans les laboratoires de biologie moléculaire d’Israël, on recherchait les marques d’un ADN commun à tous les « fils d’Israël ». Moses Hess voyait les Juifs comme un peuple-race par excellence ! 
 
Les Juifs « orientaux » sont aujourd’hui majoritaires dans la population israélienne, mais exclus pour la plupart du cercle des vrais décideurs. Ils n’ont pas été décimés par la Shoa. Leur perception du fait arabo-musulman est, pour le pire comme pour le meilleur, différente de celle des ashkénazes, parce que fondé sur des siècles d’immersion dans la civilisation Arabo-musulmane. 
 
 
  La Palestine une terre sans peuple pour un peuple sans terre?
 
 
A la lecture d’ouvrages juifs sur le retour des Juifs en terre de Palestine, aucune mention d’une présence d’habitants. Pourtant il y a des familles qui vivent sur cette terre, et le projet sioniste c’est de prendre leur place. En 1976, l'ancien Grand Rabbin de France, Jacob Kaplan, dans un ouvrage de 250 pages consacré à la promotion et à la gloire du sionisme, semble encore ignorer totalement l'existence des habitants arabes de Palestine que les sionistes repoussent pourtant méthodiquement et violemment depuis déjà près de vingt ans. 
En 1993, lors des accords d'Oslo, les Occidentaux dans leur ensemble ont découvert que la communauté arabe de Palestine était une réalité concrète, qu'il n'y avait pas seulement là-bas un problème à résoudre mais des êtres humains qui n'étaient pas Juifs. 
 
 
Madame Golda Meir déclara le 15 Juin 1969 au Sunday Time : "Il n'y a pas de peuple palestinien... Ce n'est pas comme si nous étions venus les mettre à la porte et leur prendre leur pays. Ils n'existent pas." 
 
Dans le journal le monde du 15 Octobre 1971 : « Ce pays existe comme accomplissement d’une promesse faite par Dieu lui-même. Il serait ridicule de lui demander des comptes sur sa légitimité ».
 
 
Israël Shahak dans son livre, Le racisme de l'Etat d'Israël. p. 263, dira sur l’idolâtrie qu’elle consiste à remplacer le Dieu d’Israël par l’Etat d’Israël : "Je suis un Juif qui vit en Israël. Je me considère comme un citoyen respectueux des lois. Je fais mes périodes dans l'armée tous les ans, bien que j'aie plus de quarante ans. Mais je ne suis pas "dévoué" à l'Etat d'Israël ou à quelque autre Etat, ou organisation ! Je suis attaché à mes idéaux. Je crois qu'il faut dire la vérité, et faire ce qu'il faut pour sauver la justice et l'égalité pour tous. Je suis attaché à la langue et à la poésie hébraïques, et j'aime à penser que je respecte modestement quelques-unes des valeurs de nos anciens prophètes. Mais vouer un culte à l’Etat ? J'imagine bien Amos ou Isaïe si on leur avait demandé de "vouer" un culte au royaume d'Israël ou de Judée ! 
 
 
La Torah a-t-elle toujours aujourd’hui une importance capitale ? 
 
 
Zacharie chapitre 4, verset 6 : « Ceci est la parole de l’Eternel à Zorobabel. Ni par la puissance ni par la force, mais bien par mon esprit ! » 
 
Yeshayahou Leibowitz, dans «Israël et Judaïsme » paru en hébreu à Jérusalem en 1967 et traduit en Français aux éditions Desclée de Brouwer en 1993 peu avant sa mort, écrit page 253 : "La force du poing juif vient du gant d'acier américain qui le recouvre, et des dollars qui le capitonnent." 
 
Certains théologiens parlent de miracle concernant la création de l’état d’Israël ! Mais quoi penser de l’aide économique de l’Amérique à la croyance millénariste depuis le 19 ème siècle ? Du gigantesque armement (y compris nucléaire). On est très loin de l’épisode de David et Goliath ! 
 
 
Dans les guerres de ce siècle, la force ne se mesure pas aux nombres de soldats sur le terrain, mais à l'équipement technique de l'armée: celle d'Israël, grâce aux flux financiers qui ont déferlé sur le pays, dispose d'une puissance de frappe infiniment supérieure à celle de tous les Etats arabes réunis. 
 
Dans ce même ouvrage, Yeshayahou Leibowitz fait ce résumé sur le sionisme en général, page 255 : "Notre système est pourri à la base. Et ceci pour deux raisons : 
 
1 - Le malheur provient de ce que tout s'articule au problème de la Nation et de l'Etat." (p.182). Si l'Etat et la Nation sont tenus pour une fin en soi, alors le judaïsme est rejeté puisque le plus important c'est l'Etat d'Israël (p. 182). Le nationalisme est la destruction de l'essence de l'homme. (p. 182) L'Etat d'Israël n'est pas un Etat qui possède une armée, mais une armée qui possède un Etat. (p. 31). 
 
2 - La dépendance de cet Etat à l'égard des Etats-Unis. Chez nous l'effondrement total peut se produire en une nuit : conséquence de la stupidité totale qui fait dépendre toute notre existence de l'aide économique américaine. (p. 225). Les Américains ne sont intéressés que par l'idée de maintenir ici une armée de mercenaires américains sous l'uniforme de Tsahal (p. 226). 
 
Dans le livre de Jérémie17 :5 il est écrit : « Maudit soit l’homme qui met sa confiance en un mortel, prend pour appui un être de chair. » 
 
 
Une haine à sens unique ? 
 
 
Les propos de Yitzhak Rabin à Oslo septembre 1993 sont clairs : " Si je pouvais noyer la Bande de Gaza et ses Palestiniens dans la Méditerranée, je l'aurais fait. Mais la chose est impossible ". 
 
On sait que la colonisation israélienne de la Palestine n'a jamais cessé de s'étendre chaque jour depuis plus de cinquante ans, que des territoires (Jérusalem-Est, le Golan...) ont été purement annexés, qu'Israël n'a respecté aucun des accords qu'il a lui-même signés et qu'il a tenu les résolutions des Nations Unies pour nulles et non avenues. Je crains que la pensée dominante orchestrée par une oligarchie élitiste, divise notre monde en deux : 
 
- Les civilisés, c'est-à-dire l’occident judéo-chrétien. 
- Les sauvages, c'est-à-dire les musulmans en général. 
 
 
Que dire de Gaza ? Que ce n’est pas une guerre ? Un génocide ? Que ce n’est pas une population où se mélangent les bons et les méchants, les stupides et les intelligents, des enfants de bonne et mauvaise éducation ? Le seul tort des enfants de Gaza c’est d’être nés au mauvais endroit ? 
Est-ce que, dans l’inconscient des Israéliens, Gaza est seulement un concept où s’affrontent le Hamas, le Hesbollah, Al-Qaeda ? Ce peuple serait l’enjeu d’une idéologie qui le dépasse ? Plus grave, une instrumentalisation ?... En 1980, pour dire à quelqu’un d’aller en enfer on disait, « va à Gaza » !... 
 
Je suis triste de constater l’aveuglement des chrétiens-sionistes, qui en oublient l’incomparable enseignement du Messie Yéchoua qui nous demande de bénir tous hommes et toutes femmes, qu’ils soient amis ou ennemis ! Yéchoua a reconsidéré plusieurs commandements bibliques, non halakhiques au sens formel du terme. Il cite les injonctions suivantes : 
 
 
1- Dans Matthieu 5 : 38-48 ; Luc 6 : 27-30, Yéchoua remet en question la règle de droit du talion «oeil pour oeil, dent pour dent » de Exode 21 : 23-25. 
 
2- Il reconsidère la relation avec des peuplades comme les Ammonites et les Moabites (Deutéronome 23 :46-47) et l’amour du prochain (Lévitique 19 : 18) ; en effet, il enjoint d’aimer son ennemi et de prier pour lui (Matthieu 5 : 43-48 ). 
Yéchoua a effectué un clivage entre la loi éthique, qu’il considère comme plus importante, et les lois rituelles auxquelles il accorde une moindre importance. 
 
 
Notre soutien à Israël se doit d’être neutre. La rédemption a une portée universelle et les Arabes en font partie. Mon coeur vibre pour les Juifs et les Arabes, sans distinction aucune ! 
Au cours de mes études durant trois années, j’avais comme ami un palestinien, nous partagions les mêmes croyances et les mêmes préoccupations. 
 
 
Conclusion 
 
 
Lors d’une conférence publique en Suisse j’avais dit : Le devenir d’Israël et celui de l’humanité sont entre les mains de Dieu, et cet avenir est certainement plus compliqué et semé de surprises que certains le prétendent. Le temps aujourd’hui n’est pas à l’assurance orgueilleuse ni aux déclarations fracassantes, mais à l’humilité et à l’espérance. Hachem aujourd’hui ne nous demande pas de choisir un camp mais de désirer ardemment que le Shalom habite l’humanité, parce que dans son projet divin les nations sont inclues avec Israël ! Pas les nations contre Israël ou Israël contre les nations ! Extérieurement ils forment deux entités distinctes, mais selon le projet divin, une seule entité ! 
 
 
Adim Steinsaltz, rabbin talmudiste à écrit: 
 
« Une société doit demander, chercher et exiger que chaque individu donne quelque chose de lui-même. De la somme de ses petits dons, il peut se reconstruire entièrement. Si chacun d'entre nous allume une bougie de nos âmes, le monde sera rempli de lumière ». 
 
 
En 1979, de retour d’un séjour à Londres quand j’annonce à mon père ma croyance à la messianité de Yéchoua, sa première réaction, c’est qu’il a cru que je devenais catholique ou protestant ; il m’invita à vivre ailleurs que chez lui. Mais avant sa mort, je lui ai expliqué ma croyance par la lecture d’Isaïe 52 et 53 : 
Le prophète Isaïe, inspiré de Dieu en l’an 698 av. J. C., est considéré par le peuple hébreu comme étant l’un des prophètes le plus important de notre Tanach. Sur l’ordre de l’Eternel, Isaïe mentionne dans son livre la plupart des prophéties concernant la venue du Messie. 
 
 
 Voyez, mon serviteur prospère ; il s’élève, grandit, est placé très haut.  Autant la multitude fut stupéfaite à son sujet, (car il était défiguré au point de n’avoir plus rien d’humain : son apparence n’était plus celle des fils d’Adam !)  autant il fera accourir des peuples nombreux, les rois se tiendront bouche close devant lui, car ce qui ne leur a pas été conté, ils le verront, ils observeront ce qu’ils n’avaient pas ouï dire. 
Qui a ajouté foi à l’annonce qui nous a été faite ? Et à qui s’est révélé le bras Dieu ? Il poussait devant lui, pareil à un faible rejeton à une racine plantée dans un sol brûlé. Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, ni grâce pour nous le rendre aimable.  Méprisé, repoussé des hommes, homme de douleurs expert en maladies, il était comme un objet dont on détourne le visage, une chose vile dont nous ne tenions nul compte. 
 Et pourtant ce sont nos maladies dont il était chargé, nos souffrances qu’il portait, alors que nous, nous le prenions pour un malheureux atteint, frappé par Dieu, humilié. 
 Et c’est pour nos péchés qu’il a été meurtri, par nos iniquités qu’il a été écrasé : le châtiment, gage de notre salut, pesait sur lui, et c’est sa blessure qui nous a valu la guérison. 
 Nous étions tous comme des brebis errantes, chacun se dirigeant de son côté, et Dieu a fait retomber sur lui notre crime à tous.  Maltraité, injurié, il n’ouvrait pas la bouche ; pareil à l’agneau qu’on mène à la boucherie, à la brebis silencieuse devant ceux qui la tondent, il n’ouvrait pas la bouche. 
 Faute de protection et de justice, il a été enlevé. Qui pourrait décrire sa destinée ? Car il s’est vu retrancher du pays des vivants, les coups qui le frappaient avaient pour cause les péchés des peuples. 
 On a mis sa sépulture avec celle des impies, son tombeau avec celui des [mauvais] riches, quoiqu’il n’eût fait aucun mal et qu’il n’y eût jamais de fraude dans sa bouche ; 
 Mais Dieu a résolu de le briser, de l’accabler de maladies, voulant que, s’il s’offrait lui-même comme sacrifice expiatoire il vit une postérité destinée à vivre de longs jours, et que l’œuvre de l’Eternel prospérât dans sa main.  Délivré de l’affliction de son âme, il jouira à satiété du bonheur : par sa sagesse le juste, mon serviteur, fera aimer la justice à grand nombre et prendra la charge de leurs iniquités. 
 C’est pourquoi je lui donnerai son lot parmi les grands ; avec les puissants il partagera le butin, parce qu’il s’est livré lui-même à la mort et s’est laissé confondre avec les malfaiteurs, lui, qui n’a fait que porter le péché d’un grand nombre et qui a intercédé en faveur des coupables.
 
 
Je n’oublie pas non plus que c’est une juive originaire d’Espagne, pays de mes ancêtres, qui dans un avion à destination de Londres m’a interpellé sur la question de la foi en Dieu, que j’allais rencontrer le 7 Janvier 1979 aux environs de 11 heures trente au cours d’une expérience mystique. 
Je me présente aujourd’hui comme pasteur itinérant des sans églises, sans synagogues et sans mosquées qui sont fâchés avec l’institution « officielle » pour des raisons diverses. Mon action, c’est de les amener à la source de la foi, la torah, la bible, première et deuxième BRIT HADASCHAD.
 
Le but spirituel final dépasse mes compétences : la rencontre du Dieu créateur du ciel et de la terre, et la vérité concernant ce Juif de Nazareth, mal jugé, accusé à tort et finalement condamné à la pire des morts, la crucifixion. Il était et est toujours le Messie, fils de David, annoncé par les prophètes, que certains rabbins membres du Sanhédrin n’ont pas voulu reconnaître car il ne correspond pas à leurs interprétations d’une longue tradition orale ! Il enseigne la rédemption sans les armes, une théocratie céleste et non terrestre à la grande déception des rabbins. Les zélotes le rejettent : selon leur interprétation, le Messie doit conduire la révolte contre l’envahisseur romain, les idolâtres. 
 
 
Au-delà de l’aspect doctrinal, de l’appartenance religieuse le signe majeur de toute personne qui confesse croire en Dieu est d’être durant toute sa vie une personne bienveillante, qui ne vit pas que pour elle-même ou ceux de sa communauté confessante, mais pour la communauté universelle, car il est écrit dans le livre d’Ezéchiel chapitre 33 au verset 11 : 
 
« Dis-leur : Par ma vie, dit le Seigneur Dieu, je ne souhaite pas que le méchant meure, mais qu’il renonce à sa voie et qu’il vive ! » 
 
Je sais qu’il existe un Judéo-centrisme comme il existe un Christocentrisme. Un rabbin me fera remarquer que ce texte concerne seulement le méchant juif, car la suite du texte dit : 
 
« Revenez, revenez de vos voies mauvaises, et pourquoi mouriez-vous, maison d’Israël ? » 
 
 
Rappel : Le peuple d’Israël a reçu d’Hachem une mission universelle à la base : être une nation de prêtres, avec un devoir d’exemplarité au milieu des nations non juives, et non pas devenir une nation élitiste, ethnocentrique, fermée sur elle-même. Je comprends que, ignorant ou rejetant l’enseignement du Messie Yéchoua, j’aurais moi aussi partagé les mêmes pensées ! 
Je me sens en harmonie avec mon Créateur quand je considère les enseignements de Yéchoua, mais pas forcément avec le Christianisme depuis Constantin ! Le terme « judaïsme » n’est pas dans la torah, ni d’ailleurs le terme «christianisme » dans le deuxième testament ! 
 
 
Les religions sont souvent réductrices, intolérantes, rigoristes, elles éloignent les individus du désir de rencontrer leur Créateur. Pourquoi ? Parce qu’elles pensent détenir la vérité absolue et commettent le péché d’orgueil ! 
 
Le Messie Yéchoua dira aux « élites religieuses » de son époque : « Hypocrites ! Esaïe à bien prophétisé à votre sujet, lorsqu’il a dit : Ce peuple s’approche de moi de la bouche et m’honore des lèvres ; mais leur coeur est bien éloigné de moi. Mais ils m’honorent en vain, en enseignant des doctrines qui sont des commandements d’homme. » (Matthieu 15 : 8-9 ). 
 
 
Je précise au lecteur juif qu’il s’adresse à des scribes et des pharisiens qui ont une légitimité aux yeux du peuple de Judée. Yéchoua trouve sa légitimité dans la qualité de son enseignement que des membres du Sanhédrin vont reconnaître à juste titre, mais la majorité du Tribunal Rabbinique est composée principalement de Sadducéens qui rejettent la croyance de la résurrection. La voix de Gamaliel sera étouffée par leurs voix haineuses lors de son jugement ! 
 
 
Concernant l’avenir, des rabbins disent à juste titre : qui vivra verra ! 
Yéchoua est-il le véritable Messie ? 
Quel avenir pour les Palestiniens ? 
Les Arabes ?
Le peuple Juif ? 
Les nations ? 
Quelle identité pour le dernier faux Messie, qui va précéder le retour du véritable Messie ? 
 
 
Shalom à tous, Jean-Jacques Albors
 
Explications des termes:
 
1- Aliya (retour en Israël) 
 
2 -Yéchoua (nom hébreux de Jésus) 
 
3- Laodicéennes (mentionné dans l’Apocalypse de Jean chapitre 3 verset 14) 
 
4 -Kabbalistique (ouvrage ésotérique de la mystique juive, interprétation du Zohar (livre de la splendeur) 
 
5- Kabale lourianique (nom de l’auteur Issac Louria Achkenazi (1534-1572). 
 
6- Zohar (le livre de la splendeur, ouvrage majeur de la mystique juive, texte fondamental de la kabbale. 
 
7- Brit hadacha (nouvelle alliance) 
 
8- Hachem (Seigneur).

 

4 commentaires

1 - mercredi 29 janvier 2014 @ 15:33 http://123mutuelledentaire.fr a dit :

L'article peine à charger, pas inconcevable malgré tout que ma connexion puisse être insuffisante...

2 - jeudi 30 janvier 2014 @ 20:20 albors a dit :

@http://123mutuelledentaire.fr :
C'est la première remarque concernant ce problème, je vais tout de même consulté les habitués. Merci pour votre intérêt pour ce blog qui est "jeune", deux mois seulement.

3 - samedi 11 juillet 2015 @ 16:36 Elianne a dit :

Bravo pour cet article, je viens de le partager sur mon compte Twitter :-)

Elianne

4 - samedi 11 juillet 2015 @ 20:48 albors a dit :

@Elianne : Personnellement je suis absent sur les réseaux sociaux , mon temps est limité , merci pour votre intérêt .

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